"Le désespoir va croissant avec mon optimisme, avec mon frêle corps de cinq pieds je cherche à comprendre ces immensités... Et comment la philosophie d'Horace peut-elle avoir une quelleconque valeur ?..."
Le désespoir croissant ou la légère panique, je ne sais sur lequel des deux je me suis pausée. Hier soir j'ai mangé, comme je n'avais plus mangé depuis un moment déjà, les entrailles en appel de secours j'eus l'impression pendant près d'une heure qu'un gigantesque trou noir occupait la place de mon estomac. Un peu comme si j'essayais d'étouffer ces cafards arpentant les parois de mon ventre, comme si je possédais une gorge égocentrique qui désire toujours plus, comme si mes pensées, ma cervelle, s'étaient bloquées sur bouton "Off".
J'ai peur, très peur. Trop de questions m'embrouillent l'esprit, je n'ai même plus l'envie d'écrire quelquechose de bien construit, avec du vocabulaire ou simplement beau à entendre, j'ai simplement envie de déballer tout comme ça viendra, de ne me point soucier de quelque conséquence.
Les complexes, les questions, le dégoût de soi-même, tout à l'air de revenir tel un coup de poing dans les côtes, c'est difficile de respirer après. Un peu marre des "Je t'aime encore parfois mais j'ai plus le coeur à ça" et, dans un autre contexte, un peu peur aussi. Complexe saleté de complexe, si je pouvais je t'entretiendrai pendant près de deux mois et te jeterai par dessus bord (telle l'arme du crime). Je crois bien que ma crise d'adolescence recommence. Non je ne peux pas dire ça... Oh et puis, qui s'attarde à lire tout ça d'toute manière ? Je ne sais pas, il y a environ toris heures je me demandais pourquoi mon "chez moi", bien que confortable, bien qu'aisé, et bien que complet au niveau parental ne m'attirait plus autant qu'avant. Le pire, est que mes parents s'en aperçoivent bien, et le simple fait de les voir essayer de me rattraper dans mes aventures fait croître en moi un intarissable sentiment de culpabilité, et pourtant je ne laisserai rien paraître devant eux, rien que de la colère d'une enfant capricieuse qui n'en a jamais assez. Et ça, mine de rien, ça me traque lourdement le moral. Deuxième complexe apparaissant à la demi-seconde près où je tape le point de ma précédente phrase : "Mais qu'est-ce que c'est que ce problème à deux balles ?". Comment dire à vos proches, dont vous considérez les vécus au bas mot cinq fois plus durs que les vôtres, vos petits soucis de complexe de grande-bouffe et votre culpabilité à s'éloigner souvent de vos parents ? Sérieusement bien sûr, je les aime, et je pense, à quatre-vingt-dix pour cent, qu'ils m'aiment aussi et seront près à m'écouter en cas de besoin. Mais moi-même, avec le peu de fierté que je possède, je ne puis. De toute façon, "ils ont vécu pire que moi, sûrement le vivent encore, et pourtant sont devant moi.", peut-être pas tout sourire, néanmoins ils ne pleurent pas. Pleurer, tiens. Je ne suis qu'une pleurnicharde, aussi, si j'avais homis de le préciser, capricieuse malgré ce qu'elle pourrait paraître aux yeux de certains, et ma lacheté me pousse au placement de victime. Grave, je suis grave, je n'arrête pas de râler et de me plaindre (et c'est même encore ce que je fais en ce moment). Et les cours ! Ah que cela s'annonce bien, en moi-même je me dis que peu importe mes notes, que tout ce qui compte c'est que je retienne, j'ai râté un contrôle ? Peu importe si j'ai compris ma leçon après. Mais non. On me répète que cette manière ne me servira strictement à rien, qu'il fallait des notes, et des bonnes, bien sûr. Je n'aime vraiment, mais vraiment pas cette foutue ambiance. La journée, tu bosses, tu rentres chez toi, tu bosses. Merde. Je ne revivrai plus jamais ces années, où on peut me considérer encore comme une enfant, comme une inconsciente à qui on pardonne vite. Mal au coeur par ailleurs quand je La vois, entre ménage et travail, mais bien sûr selon eux "elle n'est pas à plaindre". Contraintes et à la fois propres choix, mmh tout ça forme de belles contradictions dans les sentiments.
Ne grandirai-je donc jamais ? Serai-je toujours bloquée à ce point de non-retour ? Ce point où, ma nature reprenant le dessus... "Tu étais plus gentille avec moi, avant." . Déchirure du coeur dès lors, poumons restreints, larmes accrochantes. suis-je simplement sur les nerfs ces derniers temps ? J'ai l'impression de l'étouffer parfois, comme un trop plein d'amour, mal exprimé. Trop de questions, trop d'hypothèses, trop d'histoires laissées en suspens - entre celles laissées tombées volontiers et les autres qui méritent de s'excuser... Avec des si, j'te le ferai changer le monde.
Je ne grandirai donc jamais ?
Merde, j'ai seize ans encore, j'peux encore déprimer pour rien.
p!x : morceau d'une BD de moi-même
retrouvée sous mon lit, je vous laisse
imaginer mon âge.